SOLENNITE DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST DE L’ANNEE C

TEXTES: Gn 14, 18-20 / Ps 109(110), 1-4 / 1Co 11, 23-26 / Lc 9, 11b-17

PREDICATEUR: P. Bruno WENSAN’NA, SVD

THEME : Nous sommes un seul corps

 

Après la fête de Pentecôte qui a marqué la fin du temps de Pâque l’Eglise nous a donné de célébrer dimanche passé le mystère de la Trinité, ce dimanche elle nous donne de célébrer le mystère du Corps et du Sang du Christ, qui manifeste la réalisation continuelle de la promesse du Christ : « Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20)

Les lectures proposées pour notre méditation convergent toutes dans ce sens. Dans la deuxième lecture Paul nous offre un explication détaillée du récit du dernier repas de Jésus et de l’institution de l’eucharistie qui pour lui représente une tradition et un dépôt précieux de la foi à transmettre « Je vous ai transmis ce que j’ai reçu  de la tradition». Paul situe le récit de l’institution de l’Eucharistie dans le contexte de la passion du Christ «la nuit où il était livré ». Les paroles de l’Apôtre Paul nous ramène aux circonstances dramatiques dans lesquelles est née l’Eucharistie, qui est marquée de manière indélébile par l’évènement de la passion et de la mort du Seigneur. C’est le sacrifice qui se perpétue au long des siècles. A travers ce sacrifice Jésus donne sa vie jusqu’au bout et ce don exprime son amour pour l’humanité. Jésus s’offre pour que nous ayons la vie « celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » Jn 6, 54.

Continuant notre méditation de cette même lecture Paul dit ceci « chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne ». Cette phrase résume le mystère de la foi que nous disons à chaque messe « nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ». Le sacrifice eucharistique rend présent non seulement le mystère de la passion du sauveur, mais aussi le mystère de la résurrection, dans lequel le sacrifice trouve son couronnement. C’est en tant que vivant et ressuscité que le Christ peut dans l’Eucharistie, se faire « pain vivant » « pain de vie ». Saint Ambroise le rappelait aux néophytes en appliquant à leur vie l’évènement de la résurrection : « Si  le Christ est à toi aujourd’hui il ressuscite pour toi chaque jour ». ( Ecclesia de Eucharisitia, 14).

Le repas Eucharistique ouvre a une Glorieuse Espérance. Le pape Jean Paul II dans Ecclesia de Eucharisitia N° 20  dit ceci «proclamer la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne» implique, pour ceux qui participent à  l’Eucharistie l’engagement de transformer la vie pour qu’elle devienne, d’une certaine façon, totalement «eucharistique ». Ce sont précisément ce fruit de transfiguration de l’existence et de l‘engagement à transformer le monde selon l’Evangile qui font resplendir la dimension eschatologique de la célébration eucharistique et de toute la vie chrétienne : «viens, Seigneur Jésus.» (Ap 22,20).

Dans l’évangile que nous venons d’écouter Luc nous livre le récit du miracle de la multiplication des pains. Le miracle de la multiplication des pains est le seul miracle présent dans tous les évangiles. Ceci pourrait expliquer l’importance que ce miracle avait aux yeux des premières communautés chrétiennes. Ceci explique-t-il la raison du choix de ce texte en ce jour où nous fêtons le corps et le sang du christ ? Marie Noel Thabut nous répond « c’est l’évangile de Jean qui nous donne la clé : tandis que les trois évangiles synoptiques rapportent l’institution de l’Eucharistie, le soir de Jeudi  Saint, avec, chez Luc l’ordre du Seigneur « vous ferez cela en mémoire de moi »,  Saint Jean, lui, raconte le lavement des pieds et la recommandation de Jésus « ce que j’ai fait pour vous, faites le vous aussi. » ce qui veut dire qu’il y a deux manières indissociables de célébrer le mémorial de Jésus christ : non seulement partager  l’Eucharistie mais aussi nous mettre au service des autres ( service symbolisé par le lavement des pieds), c’est-à-dire,  très concrètement, multiplier les richesses du monde pour les partager à tous les hommes ». Nous pouvons donc comprendre que l’Eucharistie est un repas qui nous ouvre aux autres et la communion, « puisqu’il y un seul pain, nous sommes tous un seul corps » (I Cor 10, 17).

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